On Air

Dreamland c’est aussi un projet autour de films publicitaires dont j’ai pu photographié les tournages. Une fois les spots commerciaux rendus public sur les chaînes de télévision, je les visionne à mon tour sur des écrans détériorés glanés sur des lieux de collecte de déchets. Me jouant de la surprise et de la contrainte de n’avoir que peu ou pas d’accès au menu des réglages, je photographie les nouvelles images proposées, qu’ils s’agissent de celles extraites d’un de ces films ou de celles de mes clichés pris sur ces mêmes jours de tournage. Ces photographies d’écrans sont ensuite imprimées sur du papier peint de taille aussi démesurée que les réclames qui tapissent l’espace public.

Le grain que l’écran altéré rajoute à l’image initiale renvoi à la question de la résolution, du pixel . En jouant avec les options pré-remplies de logiciels permettant d’accroitre la résolution d’une image, les algorithmes scannant mon image m’en proposent une version transformée. Le pixel maltraité, artificiellement démultiplié, gonflé, rappelle des techniques anciennes telles que la cote de maille, la tapisserie, la broderie.

De ces allers-retours d’un support à l’autre, je cherche à expérimenter le caractère malléable des images, à détourner l’aspect usuel de l’image publicitaire et du support numérique qui l’incarne pour les vider de leur fonction initiale et leur conférer une charge esthétique seule.

Le gros plan de la partie supérieure d'un visage de femme, photographiée comme par caméra thermique, est imprimé sur du papier transparent et collés aux carreaux d'une fenêtre pour une impression de vitrail.
Vue d'exposition dans une galerie : un grand tirage papier peint de dimension 2x3 mètres est présenté à côté d'une installation en volume composée d'écrans défecteux.
Une photographie d'une femme marchant avec un guépard en laisse occupe les deux tiers verticaux de l'image. Sur le tiers inférieur, des lignes blanches, traces d'impact laissent comprendre une surface cassée d'écran